Accompagnement moral, laïque ou religieux aux patients hospitalisés

Informations sur les diverses confessions et philosophies reconnues.

Informer le patient

Sans doute aurez-vous aperçu aux valves des unités de soins et dans les boxes d'admission, des affiches reproduisant le sigle des diverses confessions et philosophies reconnues ?

Un constat

L'accompagnement moral correspond à un constat: le malade ne peut être réduit aux seules dimensions somatiques de sa maladie. Il convient de prendre en compte les autres dimensions de la personne qui agissent sur son état de santé, notamment la dimension spirituelle, morale, religieuse ou philosophique.

Cette dimension s'exprime tout au long d'une hospitalisation et non seulement lorsque le patient bénéficie des soins continus, décède ou vit des moments d'interrogations face à une transplantation, une opération grave ou sur sa volonté de voir respecter sa conception de la vie.

La maladie est aussi mal à dire... En effet, soigner, c'est plus que guérir, c'est se mettre à l'écoute de la personne souffrante. Cette écoute est dynamique dès qu'elle se concrétise déjà au début d'une hospitalisation et qu'elle appréhende toutes les dimensions de la personne y compris ses besoins spirituels.

Plus que par le passé, nous vivons dans une société multiculturelle où les diverses cultures, les conceptions religieuses et philosophiques se manifestent et cherchent à s'exprimer. Dans notre hôpital, le pluralisme est plus que la juxtaposition des conceptions de vie des soignants comme des patients. Il est respect, tolérance et vise à une meilleure compréhension de l'autre qu'on ne veut ramener à soi.

Point de vue

Pour le conseiller laïque, parler du besoin spirituel, c'est parfois faire référence, explicitement ou non, à l'aspiration à la transcendance verticale (une transcendance traditionnelle proposée par la révélation). C'est aussi vivre le champ de la transcendance, que nous dirons laïque, c'est-à-dire une transcendance qui est vécue dans l'immanence de sa subjectivité la plus intime (M. MAYER, Les laïcités en francophonie, Bruxelles, LABOR, coll. Quartier libre, 2005, 93p.)

Une complémentarité

La présence des conseillers laïques et religieux au sein de l'hôpital se veut complémentaire de celle des autres intervenants au niveau social, psychologique et médical. Ils participent, avec eux, à l'humanisation de l'hôpital.

Dans une société largement pluriculturelle, l'accueil à offrir aux patients doit être aussi large que possible. En aidant le patient, dès son admission, à exprimer librement son choix d'un accompagnement moral, philosophique ou religieux, l'hôpital témoigne de l'esprit d'ouverture et du respect avec lesquels il entend recevoir et soigner chaque patient .

Un guide pluraliste à l'usage du personnel hospitalier est mis gratuitement à la disposition de toute personne qui en ferait la demande aux conseillers laïques ou aux représentants religieux dont les noms figurent au dos du document remis, dès l'admission, aux patients.
Ces documents sont insérés dans la brochure d'accueil rédigée par l'hôpital (cfr. desk d'accueil dans le hall d'entrée ou au service des urgences).

Une responsabilité partagée

La responsabilité d'informer un malade incombe à tous, au nom de la fraternité, de la solidarité humaine et de la prise en compte réel des besoins comme des droits du patient.

Comment faire pour mieux faire ?

Un feuillet d'information doit être remis à chaque patient, dans la brochure d'accueil, par la personne qui complète les documents d'admission. Il est parfois nécessaire de questionner les représentants philosophiques sur des pratiques, habitudes et souhaits d'un patient pratiquant qui n'aurait pas la possibilité de s'exprimer clairement. 

Marc Mayer,

Conseiller laïque depuis 1987,

Coordonnateur de la filière assitance morale (Ecole de Santé Publique - ULB)