Syndrome douloureux régional complexe – Algodystrophie

Le Syndrome Douloureux Régional Complexe (SDRC), aussi appelé algodystrophie, se caractérise par une douleur qui dure des mois, le plus souvent suite à une blessure ou à une opération chirurgicale. Une prise en charge précoce par un(e) kinésithérapeute peut aider.

Le Syndrome Douloureux Régional Complexe (SDRC) est connu sous une multitude de noms : algodystrophie, algoneurodystrophie, causalgie, RSD (reflex sympathetic dystrophy), PTN (post-traumatic neuralgia) ou encore syndrome de Sudeck. Son appellation actuelle a été proposée par l’IASP (International Association for the Study of Pain) en 1993. Ce syndrome se caractérise par une douleur continue (spontanée et/ou évoquée) et disproportionnée dans la durée et l’intensité par rapport au traumatisme qui l’a déclenchée. L’atteinte est :

  • régionale, c’est-à-dire non spécifique à un territoire nerveux ou un dermatome
  • à prédominance distale, c’est-à-dire qu’elle touche le plus souvent l’extrémité d’un membre (mains, pieds)
  • s’accompagne d’altérations
    • Sensorielles (sensations anormales)
    • Motrices (mouvements perturbés)
    • Sudomotrices (sudation anormale)
    • Vasomotrices (les vaisseaux sanguins se comportent de façon anormale)
    • Trophiques (les tissus de la zone ne sont pas bien nourris).

Trois principaux mécanismes physiopathologiques ont été identifiés : inflammation aberrante, dysfonction vasomotrice et plasticité cérébrale mal adaptée.

Les événements traumatiques déclencheurs les plus fréquents sont les fractures (45%), les entorses (18%) et les chirurgies électives (12%). Seule une petite proportion de SDRC (moins de 10%) se déclare spontanément. La prévalence du SDRC post-fracture varie de 0.03% à 37%. Le SDRC est une pathologie qu’on pourrait qualifier de rare. L’incidence varie de 5,46 (0,55%) à 26,2 (2,62%) sur 100 000 personnes par année. Les femmes sont touchées 3,4 à 4 fois plus que les hommes.

Que faire en cas d'algodystrophie ? 

Il n’y a à l’heure actuelle pas de consensus sur le traitement du SDRC.  Notre prise en charge repose sur les recommandations d’experts internationaux et est le plus souvent pluridisciplinaire. Elle comprend des thérapies fonctionnelles, de la psychothérapie et des traitements médicamenteux divers ainsi que des traitements plus invasifs en cas d’échec des autres stratégies.

L’approche fonctionnelle précoce, par la kinésithérapie et l’ergothérapie, permet de prévenir l’atrophie, les contractures et le handicap moteur et de diminuer la douleur et l’œdème. L’usage de la thérapie miroir, de l’imagerie motrice et de la réalité virtuelle démontre également de plus en plus ses effets positifs.

Lors de votre première consultation nous réalisons une évaluation précise de vos symptômes ainsi que différents tests (mobilité, force, QST, mesure des seuils douloureux, questionnaires, etc.) afin de guider une prise en charge la plus efficace possible soit par votre kinésithérapeute soit par nos soins.

Sources

Biased visuospatial perception in complex regional pain syndrome.

Filbrich L, Alamia A, Verfaille C, Berquin A, Barbier O, Libouton X, Fraselle V, Mouraux D, Legrain V.Sci Rep. 2017 Aug 29;7(1):9712. doi: 10.1038/s41598-017-10077-8.

3D augmented reality mirror visual feedback therapy applied to the treatment of persistent, unilateral upper extremity neuropathic pain: a preliminary study.

Mouraux D, Brassinne E, Sobczak S, Nonclercq A, Warzée N, Sizer PS, Tuna T, Penelle B.

J Man Manip Ther. 2017 Jul;25(3):137-143.

Faites le point : Des miroirs pour traiter la douleur, pourquoi ? Mirrors for treating pain, why ?
Douleurs : Evaluation - Diagnostic - Traitement Volume 16, Issue 3, June 2015, Pages 124-130

AnneBerquin aBrunoLeroyb DominiqueMourauxc PhilippeVoodeckerd