Diabète : un nouveau traitement à l'étude à l'Hôpital Erasme

06/04/2018
Le diabète de type 2 est une pandémie mondiale affectant plus de 350 millions de personnes dans le monde. Si le traitement médicamenteux est efficace, il ne permet pas toujours d’équilibrer la maladie. Une technique réalisée par une équipe de l’Hôpital Erasme consistant à détruire une partie de la muqueuse duodénale par un passage contrôlé d’eau chaude offre de nouvelles perspectives.

Il s’agit d’une intervention chirurgicale non invasive réalisée par endoscopie qui consiste à brûler, à l’aide d’eau chaude, la partie du duodénum qui intervient dans la résistance à l’insuline. «En pratique, cette intervention consiste, sous une anesthésie légère, à passer un ballon par la bouche et à détruire sélectivement, à l’aide d’eau chaude, la muqueuse duodénale qui va se régénérer et être remplacée par une nouvelle muqueuse endéans quelques jours», explique Jacques Devière, Chef du Service de Gastroentérologie.

Une technique qui a fait ses preuves

L’Hôpital Erasme a déjà participé à une première étude multicentrique ayant démontré l’efficacité et la sécurité de cette procédure appelée « resurfaçage muqueux du duodénum » chez des patients atteints d’un diabète de type 2 ne nécessitant pas encore de traitement par insuline mais dont le diabète n’était pas équilibré. «C’est précisément à ce type de patients que ce traitement s’adresse. Cette étude ayant inclus 150 patients, a déjà démontré que, sur un suivi de plus d’un an, ce seul traitement permettait de rééquilibrer le diabète de manière significative. Forts de ce succès, nos Services d’Endocrinologie (Pr Laurent Crenier)  et de Gastroentérologie ont entamé une deuxième étude qui inclura 100 patients cette fois au niveau européen.»

Les résultats de cette nouvelle étude seront connus d’ici deux ans. «Si les résultats sont confirmés, ce traitement novateur pourra être proposé à l’ensemble des patients porteurs d’un diabète de type 2 dont le contrôle n’est pas optimal par des traitements oraux et pourra éventuellement éviter le passage au traitement par injection d’insuline. Bien entendu, la commercialisation et le recours à ce traitement en routine clinique seront soumis à la démonstration définitive de son efficacité sur un large échantillon de patient.»

Les conséquences d’un diabète mal contrôlé

Les patients porteurs d’un diabète de type 2 mal équilibré présentent de nombreux risques incluant:

  • L’insuffisance rénale
  • La cécité
  • Les affections cardio-vasculaires
  • Les artériopathies sévères pouvant parfois mener à l’amputation.

«Ce type de traitement pourrait réduire le risque de telles complications. Par ailleurs, il permettrait probablement d’améliorer d’autres pathologies associées au diabète dans le cadre du syndrome métabolique, en particulier, les altérations hépatiques illustrant la présence d’une stéatose hépatique non-alcoolique (foie gras) précurseur potentiel d’une cirrhose du foie», conclut le Pr Devière.