L'influence du stress sur les maladies cardiovasculaires

Influence du stress sur les maladies cardiovasculaires

Le "stress" est fréquemment invoqué comme l'une des causes principales de l'infarctus du myocarde à côté de l'hypercholestérolémie, l'hypertension et le tabagisme. Pour mémoire, l'infarctus du myocarde est la mort cellulaire d'une partie du muscle cardiaque provoquée par l'obstruction momentanée ou définitive d'une artère coronaire.

Des agents, nommés facteurs de risque, peuvent provoquer un rétrécissement progressif de ces artères, alors que des agents précipitants peuvent produire une obstruction brutale d'une artère coronaire.  Parmi ces agents précipitants et ces facteurs de risque on retrouve des stresseurs physiques et des stresseurs mentaux qui conduisent à une réaction générale d'adaptation ou d'inadaptation de l'organisme appelée réaction de stress.

Les agents stresseurs physiques les plus courants sont l'exercice physique intense, le bruit, les hautes ou les basses températures, l'humidité, la maladie, la station debout prolongée.

Les stresseurs ou stimuli mentaux et psychosociaux peuvent être d'ordre personnel, social, familial, professionnel, géographique ou financier.

L'importance de la réaction de stress est liée à son intensité relative, sa durée et sa répétition. Elle est également liée à la durée nécessaire à l'individu pour s'adapter aux stresseurs extérieurs.

Enfin, elle est liée à des caractéristiques individuelles. Sur le plan physique on sait que l'hérédité, l'âge, le sexe, le taux de cholestérol, et la pression artérielle font partie d'un profil qui favorise l'infarctus du myocarde. Sur le plan psychologique, on sait également que certains types de comportement rendent l'individu plus sensible aux développements des maladies des artères coronaires.

Quels sont les traitements du stress ?

Les deux modalités thérapeutiques utilisées pour le traitement du stress et des troubles anxieux sont les traitements médicamenteux et les psychothérapies. Les deux approches agissent sur des symptômes spécifiques: la psychopharmacologie va traiter les symptômes physiques secondaires à l'anxiété; les psychothérapies (psychologiques et de relaxation physique) vont intervenir sur le vécu de l'angoisse, ses conséquences psychiques et sociales à long terme et sur sa causalité inconsciente.

  • Les traitements médicamenteux :  Les médicaments utilisés sont soit les anxiolytiques (encore appelés tranquillisants), soit les antidépresseurs. Les antidépresseurs seront plutôt utilisés lorsque la situation de stress et d'anxiété a provoqué un état dépressif réactionnel, ce qui est très fréquent.
  • Les traitements psychologiques et psychophysiques
    • La psychothérapie comportementale : Le principe de base de cette approche est le déconditionnement, c'est-à-dire la modification de comportement "appris" sur la base d'une anxiété ou de différentes phobies (ex. modification de la peur des grands espaces, des grands magasins, de la conduite automobile, etc.) La technique consiste à mettre le patient dans les conditions réelles qui suscitent son anxiété et lui apprendre à dominer, et ensuite modifier, ses réactions physiques et psychologiques à la situation phobogène (qui crée la phobie). L'intérêt de cette forme psychothérapique est d'être rapidement efficace et en peu de temps. Elle ne s'occupe pas, par contre, des raisons profondes inconscientes qui ont participé au développement du stress et de l'anxiété.
    • Les psychothérapies d'orientation psychanalytique :  Il en existe plusieurs formes, de techniques diverses, mais toutes se fondent sur l'échange verbal pour tendre à une compréhension des motivations conscientes ou inconscientes qui ont motivé un certain style de vie qui provoque le stress, ou qui ont motivé l'existence d'une anxiété chronique qui remonte souvent à la petite enfance. Ces approches thérapeutiques ont l'avantage de permettre un soulagement par le partage avec le thérapeute de la douleur de vivre, et de donner au patient un moyen à long terme pour vivre plus librement par rapport aux vicissitudes inévitables de la vie. Elles sont de longue durée et leur efficacité sur les symptômes est moins évidente.
    • La thérapie cognitive : Cette thérapie a pour but la modification des "cognitions", c'est-à-dire des pensées conscientes que nous avons sur nous-même, le monde et l'avenir. Il est facile de se rendre compte que les personnes stressées ont une vision du monde et d'elles-même spécifique, caractérisée par une appréhension de tout ce qui peut arriver, par une crainte excessive de l'avenir et par l'impression qu'elles ne pourrons jamais dominer leur environnement. La psychothérapie est basée sur un nouvel apprentissage de la vision du monde, plus "réaliste", qui tienne compte des potentialités du patient et de ses possibilités d'action.
    • La thérapie somato-psychique : exercices respiratoires et positions anticrises : On peut utiliser l'effet relaxant physique sur la composante psychique du stress. Diverses techniques pouvant être pratiquées par les kinésithérapeutes sont basées sur ce principe "somatopsychique". Des techniques de relaxation générale sont sans doute des méthodes aspécifiques dans le traitement des symptômes psychosomatiques, mais peuvent constituer une thérapie complémentaire efficace dans le cadre d'un traitement temporaire par anxiolytiques. Ces méthodes permettent d'apprendre au patient à contrôler activement ses symptômes psychosomatiques et constituent un complément non négligeable qui contrecarre, d'une certaine manière, la passivité induite par les anxiolytiques.

Comment éviter le stress ?

Fumer, manger trop peu ou trop, prendre des calmants, consommer des boissons alcoolisées sont quelques exemples de comportements à éviter lorsque l'on se trouve confronté à une situation de stress. Ces comportements ne permettent pas de résister mieux au stress. Si l'on veut développer une résistance efficace contre le stress, l'inventaire de ces facteurs est essentiel.

Le sommeil

Prévoir des nuits de sommeil régulières et suffisantes. La relaxation et le relâchement musculaire profond sont recommandés pour l'endormissement. Il faut limiter la consommation d'alcool, de tabac et de café avant le coucher et leur préférer un bain tiède relaxant. L'instauration d'un rituel est une bonne habitude (par exemple lire, écouter un peu de musique, faire un exercice de relaxation, prendre une infusion, un laitage écrémé etc.). Lorsque l'on éprouve des difficultés à s'endormir, il vaut mieux se lever que rester des heures dans son lit sans trouver le sommeil. Il en est de même si l'on se réveille la nuit sans pouvoir se rendormir rapidement : il vaut mieux se lever et aller lire ou écouter de la musique pendant 1/4 d'heure, prendre un lait écrémé, un chocolat chaud. Il faut améliorer ses nuits pour mieux gérer ses journées.

Les activités physiques

Elles sont essentielles au bon fonctionnement de notre organisme, à l'équilibre et à une bonne santé mentale. Le manque de temps est généralement invoqué pour justifier l'absence d'exercices physiques. En réalité, c'est souvent le manque de motivation qui est à la source de l'excuse manque de temps. Il faut s'efforcer de trouver des activités physiques qui peuvent facilement devenir automatiques. Exemples : monter les escaliers au lieu de prendre l'ascenseur, renoncer à son abonnement et aller chercher son journal à pied ou à vélo chaque jour chez le libraire; laisser sa voiture à une certaine distance de son lieu de travail et faire une partie du trajet à pied, se promener régulièrement, avoir un chien et le promener...

L'alimentation

Notre style de vie actuel a inversé notre manière normale de s'alimenter. Il nous faudrait prendre un petit déjeuner copieux, un repas du midi consistant et un repas du soir frugal. Un apport de magnésium et de vitamine C et E est nécessaire: le stress fait éliminer le magnésium, il en découle un état de fatigue.

Réorganiser sa vie quotidienne

Il est utile de dresser régulièrement la liste en trois colonnes des choses que l'on aime faire, des choses que l'on fait par obligation et des choses que l'on n'aime pas faire. Si l'écart qui apparaît entre ces trois colonnes est supérieur à notre capacité de réaction, un état de stress nous guette. Il existe souvent une série de situations auxquelles on s'est habitué au fil des ans et que l'on pourrait supprimer. Il est indispensable de se réserver du temps pour soi, de diminuer le temps consacré aux obligations, de développer des centres d'intérêt personnels.

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